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Pizza napolitaine ou romaine : quelle différence ?

Pâte, hydratation, cuisson, bord, temps de levée : le comparatif chiffré des deux grandes écoles italiennes, et comment choisir celle qui convient à ton four.

Ce sont les deux grandes écoles italiennes, et elles s’opposent sur presque tout. L’une joue le moelleux et le bord gonflé, l’autre le craquant intégral. Ni l’une ni l’autre n’est « la vraie pizza » - ce sont deux réponses différentes à la même question.

Le comparatif en un coup d’œil

Critère Napolitaine Romaine
Hydratation 60-70 % 55-60 %
Matière grasse dans la pâte Aucune (AVPN) 2-3 % d’huile d’olive
Farine Type 00, W 260-320 Type 00 ou 0, W 200-260
Maturation 8 à 24 h 24 à 48 h (tonda)
Épaisseur au centre 3-4 mm 2-3 mm
Bord (cornicione) 1 à 2 cm, gonflé et alvéolé Quasi inexistant
Température de cuisson 430-480 °C 300-350 °C
Temps de cuisson 60 à 90 secondes 4 à 8 minutes
Étalage À la main, en poussant l’air vers le bord Au rouleau, souvent
Texture Souple, humide au centre, pliable Sèche et cassante de bord à bord
Comment on la mange Pliée en quatre (a portafoglio) ou à la fourchette En parts qui craquent

Ce qui explique vraiment la différence

Tout découle de deux paramètres : l’hydratation et la température de cuisson. Le reste en est la conséquence.

La napolitaine mise sur le choc thermique. Une pâte hydratée à 65-70 % enfournée à 450 °C voit son eau se vaporiser instantanément. La vapeur gonfle le bord, où le pizzaiolo a volontairement chassé l’air en étalant du centre vers l’extérieur. En 90 secondes, le bord a explosé, le centre n’a pas eu le temps de sécher - d’où ce contraste entre un cœur souple et une couronne alvéolée. La cuisson est si brève qu’elle ne pardonne rien : quelques secondes de trop et c’est brûlé.

La romaine mise sur la déshydratation. Moins d’eau au départ, une pâte étalée très fin (souvent au rouleau, ce qui écrase les bulles au lieu de les préserver), et une cuisson longue à température modérée. L’objectif est inverse : faire partir l’eau. Le résultat est une galette sèche et cassante, qui craque sous la dent d’un bout à l’autre. L’huile dans la pâte renforce cet effet friable, façon biscuit.

Laquelle faire chez soi ?

C’est là que la théorie rencontre ton four, et la réponse est nette : si tu as un four ménager standard, commence par la romaine.

Un four domestique monte à 250-280 °C. C’est 200 °C sous ce que réclame une napolitaine. À cette température, la pizza reste 6-8 minutes au four, et pendant ce temps le centre sèche : tu obtiens une napolitaine ratée - ni le moelleux de l’une, ni le craquant assumé de l’autre. La romaine, elle, est conçue pour cette plage de cuisson.

Pour tenter la napolitaine à la maison, il faut compenser la température manquante :

Ma pâte à pizza napolitaine à 70 % est calibrée pour un four ménager poussé au maximum - c’est un compromis honnête, pas une napolitaine AVPN.

Et les cousines

L’école romaine ne se limite pas à la ronde fine. Sa forme la plus consommée à Rome est la pizza al taglio, cuite en plaque et vendue au poids : là, l’hydratation grimpe à 75-85 % et la mie devient très alvéolée - l’exact opposé de la tonda, sous la même étiquette « romaine ».

Quant à la pinsa, souvent présentée comme une troisième voie romaine, c’est un produit récent à base d’un mélange de farines. Elle emprunte à l’une et à l’autre : la légèreté alvéolée de la napolitaine, le fond croustillant de la romaine.

Pour choisir ton hydratation en connaissance de cause, tout est détaillé dans le guide comprendre l’hydratation de la pâte - et le calculateur te sort directement les grammages, à 70 % pour la napolitaine ou à 60 % pour la romaine.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre une pizza napolitaine et une pizza romaine ?

La napolitaine est moelleuse avec un bord épais et gonflé (le cornicione), cuite 60 à 90 secondes à 430-480 °C. La romaine est fine, plate et craquante d'un bord à l'autre, sans bord gonflé, cuite 4 à 8 minutes à 300-350 °C. La napolitaine est plus hydratée (60-70 % contre 55-60 %) et sa pâte ne contient pas d'huile, là où la romaine en contient souvent.

Laquelle est la plus facile à réussir dans un four ménager ?

La romaine, sans hésitation. Un four ménager plafonne à 250-280 °C, ce qui est très loin des 430-480 °C que réclame une napolitaine : la pâte sèche avant que le bord ait le temps de gonfler. La romaine, elle, est justement conçue pour une cuisson plus longue et moins chaude - c'est son domaine naturel.

La pizza romaine contient-elle de l'huile dans la pâte ?

Oui, généralement 2 à 3 % d'huile d'olive, ce qui contribue à sa texture friable et craquante. La pâte napolitaine, selon le cahier des charges de l'AVPN, ne contient que quatre ingrédients : farine, eau, sel et levure. Pas d'huile, pas de sucre.

Quelle farine pour chacune des deux ?

Pour la napolitaine, une farine de force type 00 avec un W de 260 à 320, capable de tenir une longue maturation. Pour la romaine, une farine plus faible suffit (W 200-260) : la levée est plus courte et on ne cherche pas à développer un grand réseau de gluten, mais plutôt une pâte qui s'étire fin et reste cassante.

Mettre la théorie en pratique

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